Intelligence artificielle

Checklist d’IA responsable pour directions financières

Vos équipes utilisent probablement déjà l’IA. La question n’est pas de savoir s’il faut l’autoriser, mais dans quelles conditions.

L’adoption de l’IA en entreprise se fait rarement par décision du comité de direction. Elle se fait par un collaborateur pressé qui colle un extrait de grand livre dans un outil grand public. Une politique d’usage arrive donc toujours après les faits — ce qui n’est pas une raison pour ne pas l’écrire.

Les neuf points à trancher

  1. Finalité. Pour quel problème précis l’outil est-il utilisé ? Un usage sans finalité définie est impossible à contrôler.
  2. Données. Quelles catégories de données peuvent être soumises, et lesquelles ne le peuvent jamais ? Nommez-les explicitement : données personnelles, données clients sous secret professionnel, données de rémunération.
  3. Hébergement. Où les données transitent-elles et sont-elles conservées ? La loi togolaise n° 2019-014 sur la protection des données à caractère personnel s’applique aux transferts, y compris lorsqu’ils sont techniques et involontaires.
  4. Responsabilité. Qui répond du résultat produit ? La réponse ne peut jamais être « l’outil ».
  5. Revue. Quel niveau de vérification humaine est exigé avant qu’un résultat sorte de l’organisation ? Distinguez les usages internes exploratoires des livrables destinés à des tiers.
  6. Traçabilité. Conservez-vous une trace de ce qui a été demandé et obtenu ? Sans journalisation, aucune revue a posteriori n’est possible.
  7. Exactitude. Comment détectez-vous une réponse fausse mais plausible ? Prévoyez un contrôle de cohérence sur un échantillon connu.
  8. Biais. L’outil intervient-il dans une décision affectant des personnes — recrutement, octroi de crédit, notation d’un fournisseur ? Le niveau d’exigence n’est alors pas le même.
  9. Sortie. Que se passe-t-il si le fournisseur modifie ses conditions ou interrompt le service ? Une dépendance non documentée est un risque opérationnel.

Le cas particulier des professions réglementées

Pour un cabinet d’audit ou d’expertise comptable, le secret professionnel n’est pas une préférence contractuelle : c’est une obligation déontologique. Aucune donnée client identifiable ne devrait être soumise à un outil public sans autorisation écrite du client et sans garanties de confidentialité opposables. C’est la règle que nous appliquons à nos propres travaux.

Commencer petit, mais commencer écrit

Une politique d’une page appliquée vaut mieux qu’un référentiel de quarante pages ignoré. Écrivez ce qui est autorisé, ce qui est interdit, qui décide en cas de doute — et faites-la signer.

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